Par Marc Hupel du pôle communication
C’était la « COP de l’Amazonie ». En accueillant le monde à Belém, le Brésil promettait de faire de ce sommet un tournant historique, marquant les dix ans de l’Accord de Paris. Mais au lendemain de la clôture officielle des débats, le sentiment qui domine est celui d’un rendez-vous manqué avec l’histoire.
« Ce n’est pas un échec, ça n’a pas marché. » Ces mots, prononcés par le Président Emmanuel Macron à propos de l’application TousAntiCovid, fonctionnent également parfaitement dans le cas de la COP. L’objectif affiché de cette « réunion de la dernière chance » (comme les politiques aiment à désigner chacune d’entre elles) était de lancer la « Mission 1.5 », une dernière tentative pour garder en vie l’objectif de limitation du réchauffement. Pour cela, une condition était claire pour les scientifiques et pour le bloc des pays « ambitieux » (UE, États insulaires) : il fallait transformer les promesses de Dubaï (la « transition hors des énergies fossiles ») en une feuille de route contraignante et chiffrée.
L’image était forte. Des dirigeants du monde entier, réunis aux portes de l’Amazonie, et affichant leur unité face à l’urgence climatique.
Mais très vite les problèmes sont survenus, le plus gros problème venant même du pays hôte, le Brésil, dont le projet d’accord final ne contenait aucune feuille de route contraignante concernant la sortie des énergies fossiles. En voulant ménager tout le monde et faire consensus, Brasilia a ouvert la brèche. Finalement, et comme le dit fort bien l’éditorial du journal Le Monde en date du 24 novembre, « La déception liée à cette COP30 se mesure essentiellement à ses impasses ».
Les énergies fossiles ? Épargnées grâce à l’action en arrière-plan de l’Inde et de l’Arabie saoudite.
Concernant les aides financières aux pays du Sud, la déception est tout aussi grande. Si des montants astronomiques ont été évoqués pour 2035, aucune obligation immédiate ni mécanisme de financement concret n’ont été actés. On demande aux États de « faire des efforts », mais sans contrainte, les pays du Nord (Europe en tête) n’auront aucune facture à régler dans l’immédiat.
La COP 30 est en réalité un échec. Un échec dans son nom même. La numérotation de cette COP montre que les 29 précédentes ont échoué. À ceux qui se demandent si la planète est sauvée, je vous réponds non. Mais notre planète n’a pas besoin d’être sauvée. Notre planète est née il y a 4,6 milliards d’années. Elle vivra encore longtemps avant de disparaître. Ce qui doit être sauvé, c’est la biodiversité qui nous entoure, c’est la stabilité du climat qui permet nos civilisations, c’est l’espèce humaine elle-même.
Et il semblerait que les responsables politiques chargés de nous protéger n’aient pas encore pleinement pris la mesure de la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. Je conclurai simplement en paraphrasant Jeff Tuche : « On peut rater 1 COP mais pas 30, on peut rater 2 COP mais pas 30, on peut rater 3 COP mais pas 30… Ah ben si, on peut. »


